RDC/ Politique : Paix dans l’Est : le CNSA salue les conclusions de Lomé et plaide pour une diplomatie présidentielle renforcée


Par Crispin LONGOMBA


Dans un communiqué daté de mardi 09 juin, le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral (CNSA) dit saluer les assises de la plénière semestrielle d’évaluation de la facilitation de la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo et dans la région des grands Lacs, tenues à Lomé, au Togo, du 07 au 08 juin 2026, sur le processus de paix en RDC, et recommande au président Félix Tshisekedi de prendre contact avec ses homologues présidents, en l’occurrence celui de la République sœur d’Angola, Joao Lourenço, désigné par l’Union Africaine, afin de conduire à bon port ledit processus.


Par la même occasion, le CNSA est revenu sur le débat autour du changement de la constitution et sur la nécessité de renforcement de la cohésion nationale, autres questions qui font l’actualité en République Démocratique du Congo.


Pour le CNSA, la rencontre de Lomé a prouvé à la face du monde, la non application des recommandations de précédentes consultations, notamment le mécanisme de cessez-le-feu, l’échange des prisonniers, le retrait de troupes rwandaises du sol congolais, la neutralisation des groupes armés nationaux et étrangers, ainsi que les obstacles qui persistent sur la voie d’une paix durable dans la région, où les populations civiles de l’Est de la RDC continuent de payer le lourd prix de l’insécurité. Il rappelle, enfin, que ses assises ont été conduites par le Président du Conseil du Togo, Faure Essozinna Gnassingbé, sous l’égide de l’Union Africaine.


Occasion faisant le larron, le CNSA a, par le même communiqué, fait état du débat autour du changement de la constitution. L’institution dirigée par Joseph Olenghankoyi Mukundji note, ici, que le débat lié à l’éventuel changement de la constitution continue de susciter de réactions diverses au sein de la classe politique, de la société civile et de l’opinion publique, polarisant dangereusement la Nation, dit-il. Le CNSA rappelle, à cet effet, que toute initiative visant la constitution devrait se faire dans le strict respect de dispositions constitutionnelles, légales, ainsi que dans le respect de principes démocratiques.
Sur ce chapitre, le CNSA condamne le comportement de ceux qui, selon lui, revêtus de l’autorité scientifique, choisiraient de trahir, en voulant à tout prix changer la constitution pour d’ambitions personnelles ou pour le paravent d’intérêt de leurs familles biologiques, ethniques et politiques. « La science doit servir à éclairer le décideur et non pas à le tromper. Elle devrait le guider vers le respect scrupuleux de lois fondamentales et le bien-être de la société », rappelle le CNSA, avant de renchérir : « la Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».


Dans le même contexte, cette institution d’appui à la démocratie estime que toute réforme constitutionnelle dans les conditions actuelles d’occupation d’une large portion du territoire national, aurait pour conséquence, la balkanisation ou la partition du pays.
C’est pourquoi, à en croire le CNSA, le Président de la République devrait, en tant que Garant du bon fonctionnement des institutions et symbole de l’unité nationale, user de ses prérogatives constitutionnelles afin de mettre un terme à ce débat, qu’il juge « dangereux ».
De même, il invite le Chef de l’Etat à engager sérieusement l’Etat, ainsi que toutes les énergies nationales sur les priorités de la Nation, qui sont, d’après lui, la fin de la guerre par de moyens pacifiques, le retour de la paix sur toute l’étendue de la République, la lutte contre l’épidémie à virus Ebola et la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national.


En sus, le CNSA, qui dit insister sur le caractère inutile du débat autour du changement de la constitution, eu égard au contexte actuel des choses, invite les parties prenantes à pouvoir prioriser la voie du dialogue national inclusif, qu’il qualifie de forte arme de haute civilisation africaine, où, selon lui, il n’y aurait ni vaincu, ni vainqueur.


Quant à la nécessité de renforcement de la cohésion nationale, le CNSA s’insurge contre les acteurs politiques véreux qui, à l’en croire, étaient autrefois dans la rébellion contre la République, puis au service du régime précédent et, aujourd’hui, au service du régime en place. A l’entendre, ces acteurs véreux s’activeraient, aujourd’hui, avec la même vigueur, à détruire les valeurs et principes démocratiques et républicaines, héritage, selon lui, légué à la République grâce à la longue et pénible lutte menée par des Congolais, dont le rôle emblématique de premier plan, joué par Etienne Tshisekedi Wa Mulumba d’heureuse mémoire, ne saurait être ignoré.


Dans la même optique, le CNSA s’indigne de constater qu’une poignée d’acteurs politiques, occupant de postes stratégiques au sein des institutions, puissent vouloir sacrifier toute la nation congolaise au nom de desseins égoïstes, dont le but serait de promouvoir leurs fils biologiques, leurs proches parents, ainsi que leurs amis à des postes dans les différents offices, services et institutions de l’Etat, notamment en prévision du processus électoral, ce qui, selon lui, est contraire à l’éthique et la déontologie politique.


En conclusion, le CNSA dit exprimer ses préoccupations face à la montée du favoritisme, du clientélisme et du népotisme, ajoutant que, dans les secteurs de la vie politique, pareilles pratiques seraient susceptibles d’affaiblir la confiance des citoyens envers les institutions, de compromettre le principe d’égalité des chances et fragiliser, ipso facto, la cohésion nationale.


Le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral (CNSA) est une institution d’appui à la démocratie, qui a joué un rôle capital dans la vie de la Nation congolaise, notamment dans la poursuite de résolutions issues de l’Accord dit de la Saint Silvestre. Généralement considéré comme organe de sagesse, de médiation et de pacification, le CNSA continue de marquer son importance dans le maintien de principes démocratiques et de l’équilibre national.

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